Socialistes en Corrèze
Référendum sur la Constitution Europénne

Analyse du scrutin du 29 mai par Alain Lagarde, Premier Secrétaire Fédéral

Alain Lagarde, Premier Secrétaire Fédéral

lundi 6 juin 2005

Le résultat du scrutin de dimanche visant à la ratification du traité constitutionel est sans appel. Les français l’ont rejeté massivement et le traité de Nice, qui ne comporte que des reculs par rapport au texte proposé, va s’appliquer et c’est bien là le paradoxe.

L’expression de 70% de nos concitoyens témoigne de l’intérêt qu’ils ont porté à cette consultation, aussi nous devons saluer cet exercice de démocratie sans précédent dans l’histoire de notre pays dont le parti socialiste peut être fier car c’est lui au travers du débat interne qu’il a engagé à l’autonne 2004, qui a tracé la voie.

Mon inclination pour l’approbation de ce traité m’amène à manifester mon inquiétude car l’Europe est une construction fragile bâtie pierre à pierre avec pour liant le compromis. Et il est illusoire de croire qu’un séisme de cette magnitude peut être sans effet sur l’édifice ; il est ébranlé jusqu’au coeur de ses fondations.

Sans doute, avons nous éprouvé au cours des débats, des difficultés à dissiper les peurs suscitées par les prétendues atteintes au modèle social français alors même que le traité comportait des avancées sociales significatives. Mais nous n’allons pas refaire le débat ! Il a été tranché par le vote des millitants dont certains n’ont pas respecté la volonté, c’est fort regrettable et trés préjudiciable pour le fonctionnement de notre parti. Le vote émis par notre électorat dimanche l’infirme et nous devons analyser objectivement les causes profondes de ce rejet. La rupture du pacte social et le fossé entre démocratie politique et démocratie sociale qui continue de se creuser constituent une premiere explication. Et le "non" est fait d’accumulations d’oppositions. Opposition à la politique de régression sociale qui frappe durement les plus vulnérables depuis trois ans, opposition à Chirac qui n’a pas tenu compte de la signification du vote qui a conduit à sa réelection dans les conditions que l’on connait en 2002, opposition à une Europe jugée peu protectrice face aux effet de la mondialisation.

Sourd au message que lui ont adressé les français, Chirac joue du Chirac toujours à contre-emploi.

Il constitue un attelage hétéroclite (Villepin-Sarkozy) avec comme seul projet : sa tranquillité. Aussi nous n’avons rien à attendre de ce jeu de chaises musicales ; en revanche il nous revient de tirer les conséquences du malaise social dans la préparation de notre projet pour 2007. C’est le défi que nous devrons relever si nous voulons inscrire notre action dans la durée.

Avant cela, une tâche délicate nous attend. Il nous faut dépasser nos différences d’analyses et nous retrouver autour de nos valeurs de fraternité et de solidarité, car un parti qui se divise ne gagne jamais de bataille, nous l’avons trop appris à nos dépens.

Sans parti socialiste uni pas de rassemblement à gauche et sans rassemblement pas de victoire en 2007 et 2008.

Alain Lagarde

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