vendredi 15 avril 2005
En présence de nombreux élus et responsables de la fédération, Alain Lagarde, premier secrétaire fédéral, a présenté le dispositif de campagne. Une campagne de proximité pour relayer l’affirmation des socialistes français et européens : “L’Europe sociale passe par le Oui”. Une affirmation qui prolonge le thème de la campagne européenne 2004 : “et maintenant l’Europe sociale”.
Six réunions d’information inter cantonales seront ainsi organisées d’ici au 29 mai (lire les détails par ailleurs), avec en point d’orgue un rendez-vous à Tulle le 14 mai, avec François Hollande et Ségolène Royal. Alain Lagarde insistait particulièrement sur la nécessité de ces réunions, car si “L’Europe sociale passe par le Oui”, les socialistes corréziens le savent, “le Oui” passera par beaucoup de pédagogie. Il s’agira en effet pour les socialistes d’affirmer que le Traité constitutionnel offre une chance, ici et maintenant (et un chance qui ne se représentera pas avant longtemps !) d’avancer vers une Europe politique, porteuse d’un modèle social capable de réguler l’espace économique des 25.
Et les responsables socialistes de donner des exemples. René Teulade, président de la fédération départementale des élus socialistes et républicains, insistait ainsi sur le contenu de la charte des droits fondamentaux reconnue par le Traité, notamment sociaux, qui pourront servir de base au mouvement social européen pour faire avancer l’Europe sociale dans l’espace économique des 25. Il soulignait que son inclusion dans le Traité expliquait le soutien au texte de la Confédération Européenne des Syndicats, qui regroupe 80% des organisations syndicales en Europe : “je ne crois pas autant de responsables syndicaux subitement à la solde du patronat européen”, constatait non sans une pointe d’humour l’ancien ministre des Affaires sociales, avant de préciser : “en réalité, une fois le Traité constitutionnel adopté, nous aurons une chance de faire avancer nos idées en Europe par la conquête de la majorité politique au parlement européen, alors que sans Traité, nous ne pourrons avoir qu’une l’Europe libérale, voire ultra-libérale”.
Sur ce point, Claudine Labrunie, vice-présidente de la Région Limousin, faisait écho à la préoccupation pédagogique d’Alain Lagarde en témoignant de ce qu’elle “captait du terrain” : le dangereux amalgame qui tente aujourd’hui un électorat de gauche dont l’exaspération devant la politique socialement rétrograde du gouvernement Raffarin n’a d’égal que la révolte devant la trahison par Chirac du pacte républicain du deuxième tour de l’élection présidentielle. Cet électorat voterait “Non” au Traité pour voter enfin contre Chirac. Sans pour autant avoir une quelconque chance de le voir quitter le pouvoir. Et sa majorité avec lui.
Bernadette Bourzai, députée européenne, prolongeait le propos par l’exemple historique, en resituant les vrais enjeux : “si l’Europe cultive encore aujourd’hui le paradoxe d’être à la fois un géant économique et un nain politique, c’est que le courage politique a manqué en 1954-1956, lorsque la France a dit “Non” au projet de Communauté européenne de défense (CED). Faute d’accord politique sur une défense commune, l’Europe a poursuivi son chemin sur la voie de la construction économique : il ne faut pas que le 29 mai, la France rate son deuxième rendez-vous avec la construction d’une Europe politique”.
Et la députée européenne de préciser, en praticienne, les avancées démocratiques du Traité en détaillant l’élargissement des pouvoirs du Parlement européen, élu par les peuples, face à la Commission européenne, dont les membres (les commissaires) sont désignés par les gouvernements : “avec ce Traité, les parlementaires pourront de saisir des politiques menées dans 80 domaines (pour 37 aujourd’hui !), ils éliront le président de la commission, qui ne sera plus nommé au terme de négociations plus ou moins transparentes entre gouvernements européens…”.
Forts de ces premiers arguments, riches de la démarche de référendum interne que leur formation a été la seule à mener, les responsables socialistes corréziens ont maintenant huit semaines pour convaincre définitivement autour d’eux que “L’Europe sociale passe par le Oui”. Belle responsabilité historique !




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