dimanche 10 septembre 2006 par Frédéric Monteil
Bernadette Bourzai participait dès le 30 Août à Bruxelles aux premières réunions de la Délégation socialiste française et du Groupe parlementaire des socialistes européens mais c’est cette semaine que s’est effectuée la rentrée du Parlement européen en session plénière à Strasbourg.
" La session de vote a été chargée mais trois rapport me tenaient particulièrement à cœur. Il s’agit d’abord du rapport sur Un modèle social européen pour l’avenir : unité de valeurs et diversité des systèmes." qui témoigne du souci constant qu’accordent les députés européens à cet ensemble de valeurs communes fondées sur le maintien de la paix, de la justice sociale, de l’égalité, de la solidarité. La politique sociale et de l’emploi continue de relever, pour l’essentiel, de la compétence nationale, mais l’Union européenne possède également des compétences en la matière et le rapport que nous avons voté souligne que l’UE doit établir un cadre économique et social plus solide permettant aux États membres d’appliquer les réformes nécessaires au niveau national, en fonction de leur propre situation économique, sociale et politique. Face aux défis du vieillissement de la population, de la mondialisation et de l’évolution technologique, les États membres sont invités à engager des réformes afin de garantir la viabilité financière des systèmes sociaux nationaux mais sans nuire aux droits acquis, au soutien mutuel et à la solidarité entre générations et en maintenant un équilibre entre la croissance économique et la solidarité sociale. Nous avons aussi appelé de nos vœux une amélioration de la coordination des politiques fiscales des États membres afin d’éviter une concurrence néfaste entre eux et rappelé les objectifs spécifiques fixés pour l’emploi, notamment les femmes et les jeunes, l’investissement dans la R&D, la garde d’enfants et l’éducation et la formation tout au long de la vie. Enfin le rapport rappelle que toute réforme réussie des régimes sociaux devrait associer l’ensemble des parties intéressées, en particulier les partenaires sociaux, et demande que le dialogue social à tous les niveaux, tant national qu’européen, soit relancé. Je regrette vivement l’attitude du Parti populaire européen (PPE), dont sont membres les députés français UMP, qui a rejeté la demande faite à la Commission de présenter d’urgence un projet de directive-cadre sur les services publics. On mesure bien toute la différence qu’il y a entre les deux grands groupes politiques du Parlement européen puisque le groupe des socialistes européens a fait, depuis plusieurs mois, une proposition écrite à la Commission de Directive-cadre sur les services d’intérêt économique général.
Ensuite, je retiens le rapport sur la proposition de la Commission qui établit pour 2007-2013, le programme spécifique "Combattre la violence (Daphné), prévenir la consommation de drogues et informer le public". Le programme Daphné établi en 1997 a déjà financé plus de 350 projets, soutenu des organisations qui développent des mesures et des actions de prévention ou de lutte contre tous les types de violences dirigées contre les enfants, les jeunes et les femmes, et qui ont également développé des actions de protection des victimes et des groupes à risques. Désormais, les députés européens veulent promouvoir une "Année européenne contre la violence à l’égard des femmes" et réduire de moitié le nombre de personnes victimes de violences et de trafics au cours des dix prochaines années. Les projets concernant la lutte contre la violence formeraient une troisième phase de Daphné ("Daphné III") dont l’enveloppe budgétaire proposée se monterait à 115,87 millions d’euros pour 2007-2013.
Enfin, j’ai particulièrement apprécié le rapport sur la protection du patrimoine naturel, architectural et culturel européen dans les zones rurales et les régions insulaires. Le rapport insiste sur les bienfaits pour la société, l’environnement, l’économie et l’intégration européenne de la protection du patrimoine souvent laissé de côté des zones rurales et insulaires. Il propose aussi des actions concrètes que peuvent entreprendre l’UE, les Etats membres et les responsables locaux mais également les ONG œuvrant dans le secteur de la culture telles que l’utilisation des fonds agricoles, des fonds structurels, du nouveau programme "Culture" (2007-2013), l’attribution du "Prix de l’UE pour le patrimoine culturel" ainsi qu’une coopération plus poussée avec le Conseil de l’Europe sur l’opération Journées européennes du patrimoine et l’instauration d’une Année européenne du patrimoine culturel. J’ai personnellement rappelé qu’il était important de maintenir et de transmettre les langues régionales et les dialectes et patois de nos campagnes et îles qui font aussi partie de notre patrimoine.
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